Pourquoi grimper sur les montagnes ?


Pourquoi grimper sur les montagnes ?

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Patrick Dupouëy - Editions Guérin
Livre broché, souple - 375 pages - 2 X 12 X 17cm -
Texte en Français - Edition 2012

L'alpiniste invite le philosophe (et réciproquement) pour nous expliquer pourquoi il est tellement utile de conquérir l'inutile.

L’auteur convoque nombre de philosophes pour expliquer une activité bien singulière.
« Qu’est-ce qui pousse les hommes à «courir, suer, souffler, souffrir, s’estropier et même mourir ? ».
« Il y a des hommes qui ne veulent rien partager avec les vaches », répond Samivel dans Les alpinistes voient les choses de haut.

Alors… Pourquoi grimper sur les montagnes ?
Par plaisir, par amour ou pour le goût du danger ?
Est-ce que tout simplement, comme Mallory, on grimpe les montagnes « parce qu’elles sont là » ?
On peut aussi tranquillement ruminer la phrase de Samivel : « Il y a des gens qui ne veulent rien partager avec les vaches ».
Ce petit livre convoque nombre de philosophes, d’Aristote à Épicure, Descartes, Nietsche ou Spinoza; pour lancer « quelques bribes d’explications à ce genre de comportement étrange qui consiste à grimper sur toutes protubérances ridicules ».
On reconnaîtra à Patrick Dupouey la maîtrise des connaissances et une aisance dans le maniement des idées comme dans celui de la corde et du piolet. Avec lui, tout paraît facile, grimper et philosopher.

Ancien de la rue d’Ulm et professeur agrégé de philosophie, Patrick Dupouey a trente-cinq ans de montagne dans les jambes et autant d’années de philo dans la tête, pour répondre à la question qui nous occupe. Dont on comprend qu’il y a peut-être autant de réponses que d’intéressés. Et que chacune d’entre elles nous intéresse.

Quelques pensées piquées ici et là dans le livre de Patrick Dupouey :

« Tantôt j’ai fait une course de deux heures à pied en suant comme un bœuf, en soufflant comme un phoque, en gémissant comme un âne et en m’arrêtant tous les vingt pas. » Flaubert, dans les montagnes suisses, qui « ... S’y emmerde au-delà de toute expression. »

Le vide : « Je n’en peux pas seulement porter la pensée. Ne peux souffrir la vue de cette profondeur infinie sans horreur et tremblements des jarrets et des cuisses et la seulement regarder sans tournoiement de la tête. » Montaigne, L’aveu du sage.

« Partout où l’adaptation des moyens aux fins est excellente, nous n’avons plus conscience ni de moyens ni de fins. »
Nietzsche. Fulgurant énoncé de ce que les grimpeurs appellent : « l’état de grâce ». « Seules les pensées qui vous viennent en marchant ont de la valeur. » Nietzsche : et ça marche !

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